𝗡 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲… 𝗡𝗮𝘀𝗮𝗸𝗲 情け
(= compassion, bienveillance envers autrui)

Au Japon, Nasake exprime la capacité à se mettre à la place de l’autre, à faire preuve de compréhension et d’empathie, même dans les petites choses du quotidien.

𝗧𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗶𝗻 𝗮̀ 𝗾𝘂𝗲𝗹𝗾𝘂’𝘂𝗻 𝗲𝗻 𝗱𝗶𝗳𝗳𝗶𝗰𝘂𝗹𝘁𝗲́, 𝗺𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗲́𝗹𝗶𝗰𝗮𝘁𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘀𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗼𝗹𝗲𝘀, 𝗼𝘂 𝗽𝗮𝗿𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝗲́𝗰𝗮𝗿𝘁 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗶𝗻𝗱𝘂𝗹𝗴𝗲𝗻𝗰𝗲 : tout cela relève de Nasake.

En France, nous parlons volontiers de 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗮𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 ou d’𝗲𝗺𝗽𝗮𝘁𝗵𝗶𝗲.

Au Japon, Nasake s’accompagne d’une idée de 𝗺𝗲𝘀𝘂𝗿𝗲 : il ne s’agit pas seulement d’émotion, mais d’une attitude sociale, presque une responsabilité morale envers autrui.

💡 Anecdote : on retrouve Nasake dans le proverbe 情けは人の為ならず (Nasake wa hito no tame narazu).
Cela est parfois mal traduit comme “la compassion ne sert à rien”, en réalité, il signifie : “faire preuve de compassion envers les autres revient toujours, un jour, à soi-même”.

À l’inverse, les Japonais utilisent souvent l’expression 情けない (Nasakenai) pour exprimer la 𝗵𝗼𝗻𝘁𝗲, la 𝗳𝗮𝗶𝗯𝗹𝗲𝘀𝘀𝗲 ou la 𝗽𝗶𝘁𝗶𝗲́ : “C’est pitoyable…”. Une manière de rappeler que là où la compassion manque, le jugement social peut être sévère.

Et vous, dans vos codes culturels, la compassion se vit-elle comme une émotion spontanée, ou comme une responsabilité partagée ?

🔤 14e mot de notre abécédaire interculturel franco-japonais : un concept qui nous rappelle que dans la culture japonaise, la bienveillance n’est pas seulement un sentiment — c’est un acte qui relie les humains entre eux.