𝗩 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲… 𝗩𝗮𝗰𝗮𝗻𝗰𝗲𝘀 バカンス
(= l’art de s’arrêter)

En France, le mot « vacances » vient du latin vacare : être libre, vide de toute occupation.
L’idée est de faire le vide, couper, se libérer du travail pour retrouver sa liberté.

Au Japon, on ne parle pas de « vacances » au sens latin, mais plutôt de Yasumu 休む ou 休み Yasumi : se reposer, reprendre des forces
𝘓𝘦 𝘤𝘢𝘳𝘢𝘤𝘵𝘦̀𝘳𝘦 休 𝘪𝘭𝘭𝘶𝘴𝘵𝘳𝘦 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘦𝘳𝘴𝘰𝘯𝘯𝘦 𝘢𝘥𝘰𝘴𝘴𝘦́𝘦 𝘢̀ 𝘶𝘯 𝘢𝘳𝘣𝘳𝘦 — 𝘶𝘯𝘦 𝘪𝘮𝘢𝘨𝘦 𝘥𝘦 𝘳𝘦́𝘨𝘦́𝘯𝘦́𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘥𝘦 𝘳𝘶𝘱𝘵𝘶𝘳𝘦.

Cette différence explique beaucoup de pratiques :
En France, on valorise les longues pauses continues, les grandes vacances d’été.
Au Japon, on privilégie de courtes pauses, parfois intégrées au travail — comme le workation ワーケーション, mélange de travail et de détente.

Au fond, vacare et yasumu traduisent deux philosophies du repos :
l’une comme libération,
l’autre comme régénération.

Par ailleurs, les Japonais profitent de deux périodes emblématiques :
+ Golden Week (fin avril–début mai), une succession de jours fériés.
+ Obon (mi-août), moment où chacun retourne dans sa ville natale pour honorer les ancêtres.

Ces périodes sont courtes mais intenses, et montrent combien 休む (yasumu) est une notion de régénération : il ne s’agit pas seulement de couper du travail, mais de recharger son énergie et nourrir ses liens familiaux et sociaux.

Les jeunes Japonais commencent à repenser le concept de vacances à la manière occidentale (vacare). Ils souhaitent de plus en plus de véritables pauses, parfois longues, pour voyager ou se ressourcer loin du travail.

Cette évolution reflète une prise de conscience croissante de l’importance du bien-être et de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Et vous, êtes-vous plutôt du côté de ceux qui coupent tout pour mieux repartir, ou de ceux qui se ressourcent par petites touches ?

🔤 22e mot de notre abécédaire interculturel franco-japonais : Vacances バカンス / Yasumu 休む — un mot en pleine transformation au Japon, où le repos devient progressivement un droit individuel autant qu’un rituel collectif.