𝗨 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲… 𝗨𝗰𝗵𝗶 / 𝗦𝗼𝘁𝗼 内 / 外
(= dedans / dehors, groupe d’appartenance)
Au Japon, la vie sociale est structurée par la distinction entre uchi 内 (l’intérieur, le groupe auquel on appartient) et soto 外 (l’extérieur, ceux qui n’en font pas partie).
La distinction uchi/soto structure profondément les relations au Japon. Uchi (内), c’est le cercle intérieur : famille, collègues proches, amis de longue date. Soto (外), c’est l’extérieur : les autres, ceux qu’on ne connaît pas intimement.
Cette frontière invisible influence tout : le niveau de politesse utilisé, le degré d’ouverture, les obligations mutuelles. Avec son uchi, on peut être plus détendu, direct. Avec le soto, on maintient une courtoisie formelle et une certaine distance.
Cette frontière invisible guide la manière de parler, de se comporter, et même de prendre des décisions.
📖 Dans leur ouvrage 「日本人の内と外」(Nihonjin no Uchi to Soto), les écrivains Shiba Ryōtarō et Yamazaki Masakazu analysent combien cette dualité façonne la société japonaise. Le langage honorifique 敬語 (keigo), par exemple, illustre parfaitement ce système : on adapte son niveau de politesse selon que l’on s’adresse à l’uchi ou au soto.
Dans l’entreprise, comprendre qui fait partie de votre uchi peut déterminer votre intégration. C’est un processus graduel : on ne devient pas uchi du jour au lendemain, mais par la confiance et le temps partagé.
En France, nous parlons de « cercle proche », de « réseau », de « sphère privée » et de « sphère publique ».
Au Japon, la distinction est beaucoup plus marquée et codifiée : ce qui est dit ou fait dans l’uchi ne se transpose pas forcément dans le soto.
Comprendre le concept « Uchi et Soto », c’est mieux saisir pourquoi certaines réunions japonaises semblent réservées à « l’interne » avant que les discussions ne s’ouvrent à l’extérieur.
🔤 21e mot de notre abécédaire interculturel franco-japonais : Uchi / Soto 内 / 外 — un prisme essentiel pour décoder les relations et les comportements dans la société japonaise.
